Histoire d'Alfa Romeo : Giulia, Stelvio et l'esprit Milan

Plus d'un siècle de sportives italiennes signées à Milan, du 8C 2300 à la Stelvio et à la Tonale.

Fondée en 1910 à Milan sous le sigle A.L.F.A. — pour Anonima Lombarda Fabbrica Automobili — la maison italienne s'est imposée en un peu plus d'un siècle comme l'une des références européennes de l'automobile sportive. Du 8C 2300 victorieux aux 24 Heures du Mans aux récentes Stelvio et Tonale produites sous l'aile de Stellantis, le constructeur milanais conjugue patrimoine sportif et design émotionnel autour de l'emblème associant la croix viscontéenne et le serpent.

Naissance d'A.L.F.A. à Milan en 1910

L'aventure démarre avec un atelier turinois absorbé par un groupe d'industriels lombards qui souhaitent doter Milan d'un constructeur d'automobiles. La société Anonima Lombarda Fabbrica Automobili voit le jour le 24 juin 1910 et installe ses ateliers dans le quartier du Portello. Les premiers modèles, signés par l'ingénieur Giuseppe Merosi, conjuguent mécanique soignée et premières incursions en compétition. Dès 1911, deux 24 HP s'alignent à la Targa Florio, posant les bases d'un ADN sportif qui ne se démentira plus.

Nicola Romeo et la naissance du double nom

La Première Guerre mondiale met l'usine au service de l'effort de guerre. C'est dans ce contexte que l'industriel napolitain Nicola Romeo rachète l'entreprise en 1915. Il accole son patronyme à celui de la firme en 1920 : la marque devient officiellement Alfa Romeo. La RL six cylindres, lancée en 1922, signe la première véritable berline de tourisme du manufacturier, tandis que la P2 victorieuse au championnat d'Europe 1925 inscrit la maison italienne dans la cour des grands de la course.

L'âge d'or des 8C et la domination sportive

Sous la houlette de l'ingénieur Vittorio Jano, la firme milanaise signe une série de modèles entrés au panthéon. La 6C 1750 puis la 8C 2300, dévoilées à l'aube des années 1930, multiplient les victoires : trois succès consécutifs aux 24 Heures du Mans entre 1931 et 1934, des triomphes aux Mille Miglia, à la Targa Florio et au Grand Prix d'Europe. La Scuderia Ferrari, alors écurie officielle du groupe, fait courir les voitures aux mains d'Antonio Ascari, Tazio Nuvolari ou Giuseppe Campari. Cette période bâtit l'image durable d'un constructeur sportif et raffiné.

Giulietta, Giulia et Spider : les Trente Glorieuses

Après-guerre, le manufacturier descend en gamme pour s'adresser à un public élargi. La Giulietta de 1954, dessinée par Bertone et Pininfarina, démocratise la berline sportive italienne. La Giulia qui lui succède en 1962 prolonge l'aventure avec une carrosserie dictée par l'aérodynamique. Le coupé GT, le roadster Spider Duetto immortalisé par le film Le Lauréat de Mike Nichols, ou la 33 Stradale de 1967 deviennent des objets de désir. Pour les amateurs, la cote argus Alfa Romeo d'occasion permet de situer ces modèles cultes selon leur état et leur millésime.

De Fiat à Stellantis : décennies de transition

Plombée par la crise des années 1970, la firme italienne entre dans le giron de Fiat en 1986. Les modèles 75, 164, 155 et 156 maintiennent la flamme, cette dernière remportant l'European Car of the Year 1998 grâce à un dessin de Walter de Silva. Les années 2000 voient apparaître la 147, la 159 et le coupé Brera. La MiTo (2008) et la nouvelle Giulietta (2010) tentent un retour en volume, sans pleinement réussir face aux compactes premium allemandes. Depuis la fusion entre Fiat-Chrysler et le groupe PSA en 2021, le constructeur milanais est devenu une filiale du conglomérat Stellantis.

Stelvio et Tonale : la mue récente

Le retour offensif s'amorce en 2015 avec la nouvelle Giulia berline, suivie en 2017 par le Stelvio, premier SUV de l'histoire de la maison italienne. Animés notamment par un V6 biturbo de 510 chevaux dans la déclinaison Quadrifoglio, ces modèles renouent avec la dynamique sportive maison. En 2022 arrive le Tonale, SUV compact disponible en version hybride rechargeable, qui inaugure l'électrification de la gamme. Pour comparer ces modèles à leurs concurrents européens, notre guide d'achat d'une voiture d'occasion et notre sélection de Alfa Romeo d'occasion aident à structurer la recherche.

Compétition : F1, Mille Miglia et DTM

Engagée dès la première saison de Formule 1 en 1950, la marque milanaise remporte les deux premiers championnats du monde des pilotes avec Giuseppe Farina puis Juan Manuel Fangio sur Alfetta 158/159. Elle se retire ensuite comme constructeur mais conserve un rôle de motoriste épisodique. Présente aux Mille Miglia avec onze victoires absolues entre 1928 et 1947, la firme s'illustre également en DTM dans les années 1990 grâce à la 155 V6 TI. Plus récemment, l'écurie Sauber a couru sous l'appellation Alfa Romeo en F1 entre 2019 et 2023, prolongeant la présence du nom dans le paddock. La firme reste également associée à des rallyes patrimoniaux comme la Mille Miglia historique, où ses 6C, 8C et autres Giulietta Sprint Veloce sont régulièrement engagées par des collectionneurs venus du monde entier.

Pour aller plus loin, le site officiel français, la page encyclopédique de référence et les essais publiés par L'argus documentent la gamme actuelle et le patrimoine sportif de la maison italienne fondée à Milan.